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                <journal-title>The Medieval Review</journal-title>
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            <issn pub-type="epub">1096-746X</issn>
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                <publisher-name>Indiana University</publisher-name>
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            <article-id pub-id-type="publisher-id">23.05.04</article-id>
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                <article-title>23.05.04, Rigollet, Mobilités du lignage anglo-normand de Briouze</article-title>
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                        <surname>Laurent Macé</surname>
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                    <aff>Université Toulouse-Jean Jaurès</aff>
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            <pub-date publication-format="epub" date-type="pub" iso-8601-date="2022">
                <year>2023</year>
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                        <surname>Rigollet, Amélie</surname>
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                <source>Mobilités du lignage anglo-normand de Briouze (mi-XIe siècle – 1326)</source>
                <series>Histoires de famille: La parenté au Moyen Âge</series>
                <year iso-8601-date="2021">2021</year>
                <publisher-loc>Turnhout, Belgium</publisher-loc>
                <publisher-name>Brepols</publisher-name>
                <page-range>Pp. 519</page-range>
                <price>€79 (hardback)</price>
                <isbn>978-2-503-59248-0 (hardback)</isbn>
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                <copyright-statement>Copyright 2023 Trustees of Indiana University. Indiana University provides the information contained in this file for non-commercial, personal, or research use only. All other use, including but not limited to commercial or scholarly reproductions, redistribution, publication or transmission, whether by electronic means or otherwise, without prior written permission of the copyright holder is strictly prohibited.</copyright-statement>
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        <p>Cette publication est le prolongement du travail doctoral que l’auteure a mené sous la
            direction de Martin Aurell (université de Poitiers), et en bénéficiant des sagaces
            conseils de Nicholas Vincent (University of East Anglia). Fruit d’un labeur de longue
            haleine, l’ouvrage aborde des thèmes bien connus des médiévistes, notamment celui de la
            parenté, de l’exercice du pouvoir, de la seigneurie castrale ou encore du patronage
            monastique, approches éclairées par les apports de la sociologie, de l’anthropologie,
            voire de la psychologie, mais surtout de la géographie historique. Cette dernière est au
            cœur de la réflexion puisqu’il s’agit bien là de traiter de la question de l’espace
            lorsque l’objectif est d’analyser la mobilité sociale et territoriale d’une famille
            originaire de l’arrière-pays de Caen qui est venue, dans un premier temps, s’établir
            dans le Sussex une fois que Guillaume le Bâtard eut achevé la conquête de
            l’Angleterre.</p>
        
        <p>Le plan retenu par l’auteure repose sur des segments chronologiques qui viennent scander
            en trois parties une histoire en continu du lignage anglo-normand de Briouze. Le premier
            intervalle (1066-1175) traite, assez logiquement, des origines de la topolignée
            seigneuriale remontant à Guillaume Ier (c. 1030-c. 1095) et qui garde sous son contrôle
            trois <italic>castra</italic> situés de part et d’autre de la Manche: Briouze (en
            bordure du marais du Grand Hazé), Bramber (dans l’estuaire de l’Adur) et Radnor (sur un
            éperon rocheux de la Radnor Forest). Ce <italic>dominium</italic> décentré oblige le
            lignage à traiter avec plus ou moins de bonheur avec différents établissements
            bénédictins (Lonlay, Saint-Florent de Saumur et son prieuré castral de Saint-Pierre de
            Sele, la Sainte-Trinité de Fécamp) et d’entretenir actif un réseau de parenté et de
            fidélité au sein d’un entourage seigneurial qui doit "gérer la dispersion des richesses
            foncières" qui se caractérisent par ce polycentrisme territorial.</p>
        
        <p>La deuxième partie (1175-1211) s’attache à suivre l’expansion du lignage dans la marche
            de Galles où celui-ci achève de s’établir, formant peu à peu un ensemble territorial
            assez solide qui permet à ses membres de devenir, avant la fin du XIIe siècle, gardiens
            et protecteurs de châteaux placés en situation de marche. Au sein de ce groupe, se
            dégage la figure bien documentée de Guillaume III, chevalier tour à tour présenté comme
            un seigneur violent envers les élites et les populations locales qu’il côtoie dans cette
            région frontalière, et comme un guerrier dévot, bienfaiteur de certaines églises
            galloises, mais surtout protecteur de l’évêque de Saint David’s et bienfaiteur du
            prieuré Saint-Jean de Brecon. L’ascension de Guillaume III est spectaculaire puisqu’il
            devient le "favori" du roi Jean sans Terre pendant une certaine période (1199-1207),
            position dont profitent certains de ses parents (frères, fils et filles) avant de
            connaître une chute dramatique qui se solde par sa disparition en exil et la mort en
            prison de son épouse et de son fils aîné, alors seigneur en exercice. Si les quatorze
            enfants qui restent à placer constituent un atout de la puissance de cette parentèle qui
            a su établir une importante politique matrimoniale, ils n’en sont pas moins à l’origine
            d’un éclatement du patrimoine familial.</p>
        
        <p>La troisième période (1211-1326) analyse donc les conséquences de ce coup d’arrêt qui se
            manifeste par la mise en place de deux sous-lignées indépendantes, à partir de 1228, qui
            conservent néanmoins en commun le patronyme éponyme ainsi que le prénom Guillaume,
            transmis aux aînés des deux branches. Malgré plusieurs tentatives de reconstruction
            lignagère, la solidarité entre cousins n’est plus opérante au XIIIe siècle, un autre
            rapport à la propriété foncière et à la parentèle s’établit alors même que les sociétés
            anglo-normande et galloise connaissent de nouvelles évolutions. Même si la figure du
            chef de lignée tente de redorer le blason à travers le choix emblématique d’un lion
            particulièrement valorisant, même si les vassaux demeurent encore attachés à la personne
            du seigneur, tout cela n’empêche pas les beaux-frères de se disputer l’héritage du
            Gloucestershire ou de voir les Despenser et les Briouze se déchirer pour le Gower, ce
            qui entraîne à terme l’intervention du roi Édouard II. La branche aînée s’éteint en 1326
            avec la mort de Guillaume VII.</p>
        
        <p>C’est donc une histoire familiale qui nous est racontée sur neuf générations, à partir de
            l’exploitation rigoureuse de la collecte de 1627 documents conservés dans des fonds
            d’archives qui sont à l’image de la polycentralité analysée dans ce travail à l’écriture
            soignée et à l’érudition sans faille. Au-delà des parcours individuels et des stratégies
            lignagères menées par les Briouze, c’est également une histoire sociale et politique
            solidement arrimée à un espace qui dépasse les frontières naturelles qui nous est
            proposée dans cet ouvrage. Cette large investigation offre un cadre de réflexion assez
            ample et un élément de comparaison qu’il sera possible de proposer comme contrepoint à
            l’étude d’autres lignages contemporains, lorsque toutefois le corpus documentaire
            permettra une telle analyse d’envergure. Les quatre annexes réservées en fin d’ouvrage
            le démontrent. Signalons celle constituée d’un catalogue des actes émis par les
            seigneurs de Briouze (p. 407-411), suivi de la liste des possessions anglaises de
            l’ancêtre éponyme qui fut établie dans le <italic>Domesday Book</italic> (p. 413-422)
            ainsi qu’une enquête de 1319 relative aux terres détenues par Guillaume VII, seigneur de
            Gower. 47 figures illustrent le propos général, lequel est agrémenté de 9 tableaux de
            filiation, de 13 cartes et de 6 graphiques. Cet ouvrage constitue donc une référence
            pour tout médiéviste s’intéressant aux histoires de famille et à la mobilité de leurs
            membres. </p>
       
        <p>Je terminerai cependant par une modeste réserve en ce qui concerne un parti-pris que je
            ne m’explique pas, à savoir le choix du dessin réalisé par l’auteure pour faire
            apparaître les empreintes de sceaux dans cette publication qui bénéficie d’une large
            surface éditoriale. C’est, à l’arrivée, 17 représentations graphiques qui sont offertes,
            à chaque fois sans qu’aucun cliché photographique de la marque conservée ne soit livré.
            Plus qu’une restitution, un dessin est plus souvent une interprétation qui tend à gommer
            des éléments de petites dimensions observés par un examen patient et attentif. Or, en
            sigillographie et dans le domaine de l’emblématique, les détails sont particulièrement
            signifiants; ils peuvent modifier la lecture partiellement produite d’une marque de cire
            et orienter sensiblement les résultats de l’analyse. Il est donc évident que les dessins
            d’empreintes ne peuvent figurer qu’en accompagnement complémentaire des clichés de ces
            dernières, quel que soit leur qualité esthétique ou leur actuel état de
            conservation.</p>
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