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                <journal-title>The Medieval Review</journal-title>
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            <issn pub-type="epub">1096-746X</issn>
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                <publisher-name>Indiana University</publisher-name>
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            <article-id pub-id-type="publisher-id">23.04.09</article-id>
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                <article-title>23.04.09, Gragnolati/Lombardi/Southerden (eds.), The Oxford Handbook of Dante</article-title>
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                        <surname>Florence Bistagne </surname>
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                    <aff>Université d'Avignon</aff>
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                        <email>florence.bistagne@univ-avignon.fr</email>
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            <pub-date publication-format="epub" date-type="pub" iso-8601-date="2022">
                <year>2023</year>
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                        <surname>Gragnolati, Manuele, Elena Lombardi, and Francesca Southerden, eds</surname>
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                <source>The Oxford Handbook of Dante</source>
                <series>Oxford Handbooks</series>
                <year iso-8601-date="2021">2021</year>
                <publisher-loc>Oxford, UK</publisher-loc>
                <publisher-name>Oxford University Press (OUP)</publisher-name>
                <page-range>Pp. xxxv, 741</page-range>
                <price>$165 (hardback)</price>
                <isbn>978-0-19-882074-1 (hardback)</isbn>
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                <copyright-statement>Copyright 2023 Trustees of Indiana University. Indiana University provides the information contained in this file for non-commercial, personal, or research use only. All other use, including but not limited to commercial or scholarly reproductions, redistribution, publication or transmission, whether by electronic means or otherwise, without prior written permission of the copyright holder is strictly prohibited.</copyright-statement>
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        <p>À l'occasion du 700ème anniversaire de la mort de Dante, les prestigieuses Oxford
            University Press lui offrent un <italic>Handbook </italic> de 741 pages, composé en 7
            sections, par 44 auteurs issus de disciplines différentes et qui constitue à ce jour une
            somme et un état de l'art des études dantesques le plus pointu. </p>
        
        <p>Le volume est extrêmement bien construit et touche tous les aspects de l'oeuvre de Dante
            avec des regards pluridisciplinaires, est amené par une présentation (xi-xviii) de
            chaque auteur où l'on voit avec bonheur se côtoyer des spécialistes du monde entier
            (Italie, Angleterre, France, États-Unis, Canada, Allemagne…), récents et plus anciens,
            dans un dialogue générationnel qui montre à quel point l'objet d'études qu'est Dante est
            vivant et transcende les frontières. La liste des éditions et traductions (xix-xx) et
            celle des illustrations (xxi-xxii) placées en début d'ouvrage est très utile.
            L'introduction par les curateurs du volume (xxiii-xxxv) présente l'organisation de
            l'ouvrage et notamment l'articulation des sections entre elles, ce qui permet, comme
            dans une encyclopédie d'aller d'un item à l'autre sans forcément les suivre cursivement.
            Enfin des index, classiques, passages cités, noms, concepts et lieux (719-741) terminent
            l'ouvrage pour permettre un meilleur repérage dans la somme du livre. </p>
        
        <p>La première section “Texts and Textuality” (3-110) se concentre sur l'auteur, sa
            biographie et son (auto)biographie telles qu'elles apparaissent dans les textes qui nous
            sont parvenus. Lina Bolzoni revient notamment sur la <italic>Vita Nova</italic> et le
                <italic>Convivio</italic> (17-34) textes de jeunesse, relus par Dante lui même a
            posteriori et précurseurs de la philosophie à l'oeuvre dans la <italic>Divine
                Comédie</italic>. Le regard des auteurs successifs, comme Boccace, sur la
                <italic>Vita</italic>
            <italic>Nova</italic> débute le chapitre de Luca Fiorentini (79-95). Intitulé
            “Commentary (both by Dante and on Dante)”il fait la lumière sur les réseaux
            interprétatifs qui ont permis de construire une oeuvre et de lui donner une cohérence,
            voire une téléologie. En effet l'analyse des commentaires sur l'oeuvre de Dante, dans sa
            postérité, mais aussi par lui-même, permet de voir comment le poète s'est construit une
            figure de poète novateur a posteriori, dans une attitude très moderne qu'on pourrait
            presque qualifier d' “auto-fiction” à visée, et Luca Fiorentini le souligne,
            apologétique (95). La section sur les textes se termine par un chapitre sur “Digital
            Dante” qui fait le point sur toutes les initiatives numériques à propos de Dante depuis
            2011, y compris les jeux vidéos, et présente un nouveau projet qui sera centré sur le
            rôle du lecteur dans le texte dantesque. </p>
        
        <p>La deuxième section, intitulée “Dialogues” (111-210) fait un point très détaillé, en cinq
            chapitres, sur l'intertextualité dantesque avec les sources classiques (111-126), les
            sources contemporaines françaises le <italic>Roman de la Rose</italic> (127-141) et les
            Troubadours (142-157) et italiennes, la poésie lyrique italienne médiévale (le
                <italic>dolce stil novo</italic>) (158-172) ainsi que la culture “comique” (173-187)
            et la culture visuelle (188-210). Cette section est extrêmement utile dans un livre tel
            qu'un <italic>handbook</italic> à la fois pour les chercheurs et les étudiants qui
            travaillent sur Dante. En effet loin de simplement synthétiser les travaux connus
            précédemment, elle renouvelle l'approche aux sources et à l'intertextualité mais aussi à
            l'interdisciplinarité. Reprenant les grandes étapes de la critique (Contini, Imbach,
            Bakhtin...), les auteurs de cette section vont plus loin en proposant de relire toutes
            les oeuvres de Dante et pas seulement la <italic>Commedia</italic> à la lumière de
            nouvelles disciplines. La linguistique mais aussi l'histoire sociale sont convoquées par
            exemple pour relire à la fois le chant XI du <italic>Purgatoire</italic>, le <italic>De
                vulgari eloquentia</italic> et la <italic>Vita Nova </italic> XVIII (164-165) sur les
            rapports entre Dante et le <italic>Dolce Stil Novo</italic>. Sur la culture “comique,”
            les auteurs vont chercher du côté des Goliards, mais aussi de Rustico Filippi ou de
            Geoffrey de Vinsauf, non pas de l'influence simple qu'ils auraient eu sur Dante mais
            comment ce dernier, dans une dialectique de l'innutrition et de la création, a utilisé
            ce savoir et ce dialogue pour créer son propre langage poétique “comique,” on pourrait
            dire “bas,” pour décrire et mieux blâmer les vices. Le chapitre sur la culture visuelle
            permet également de lire les oeuvres, notamment la <italic>Vita Nova </italic> et le
                <italic>Paradis </italic> sous l'angle des images et des visions représentées mais
            met également à disposition du lecteur des représentations de tableaux (Giotto, p.
            202-203, Duccio p. 204-205, Giovanni del Biondo, p. 206) de scènes devenues canoniques
            de vision (vision de saint Benoit, pèlerins d'Emmaüs) et de les comparer aux textes de
            Dante. C'est alors que le dialogue entre le texte et les images prend tout son sens
            lorsqu'on ne peut que constater les correspondances entre le langage visuel de l'époque
            contemporaine ou légèrement postérieure à Dante, et le langage poétique de ce dernier.
            Le dialogue des arts permet de dépasser la simple communication. </p>
        
        <p>La troisième section, “Transforming Knowledge,” fait le tableau de toutes les sciences
            abordées par Dante ou avec lesquelles il a pu avoir des interactions : l'encyclopédisme
            (211-226), la médecine (228-241), la “théorie visuelle” (242-256), le droit (257-269),
            la politique (270-286), la philosophie et théologie (287-301), la religion (302-317), la
            poésie (318-336). Les meilleurs spécialistes actuels de chacune des disciplines
            (Franziska Meier, Natascia Tonelli, Diego Quaglioni, etc.) font le point par une analyse
            des textes dantesques en prenant soin de tous les étudier et non pas seulement la
                <italic>Commedia</italic> comme on en a l'habitude. Il ne s'agit pas dans un compte
            rendu de résumer les chapitres mais il faut pousser le lecteur à se plonger dedans et
            c'est le cas ici: problématiques larges, extraits bien choisis et commentés,
            contextualisation de l'oeuvre de Dante dans la culture et les sciences de son époque,
            tout concourt à faire de ces chapitres des petites sommes de critique dantesque. À cet
            égard l'analyse du passage extrêmement connu et cité sur l'<italic>autore</italic> dans
            le <italic>Convivio</italic> est relié à la théorie linguistique de Dante comme théorie
            sur le langage et permet de voir comment, à une époque évidemment où la linguistique
            n'existe pas, les jeux que l'on remarque sur la langue ou le son font l'objet d'une
            tentative d'explication du sens. </p>
        
        <p>La quatrième section“Space(s) and Places”(337-446)regroupe des études sur les mondes de
            Dante, pour reprendre le dernier de ces chapitres (431-446). En effet sont d'abord
            étudiés les mondes réels autour de Dante, Florence et Rome, et l'attitude du poète dans
            ses oeuvres à l'égard de ces deux villes (villes haïes, mythologisées, rêvées, décrites,
            anciennes ou futures), les mondes intellectuels, entre <italic>civitas</italic> et
            communauté puis les mondes géographiques, la Méditerranée ou l'Est. Le monde hostile de
            l'exil, dans lequel Dante a passé presque toute sa vie, est évoqué également. Cette
            section, comme les autres, est très complète et regroupe des auteurs spécialistes ayant
            publié depuis longtemps sur Dante (Johannes Bartuschat) ou plus récemment (notamment
            Giuliano Milani et Elisa Brilli auteurs en 2021 d'un <italic>Vies nouvelles </italic> de
            Dante, biographie intellectuelle tout à fait novatrice). </p>
       
        <p>La section suivante, la cinquième, “A passionate selfhood” (447-512) est peut-être la
            plus difficile d'accès pour des non-spécialistes car elle étudie des disciplines comme
            l'eschatologie, l'anthropologie, la mystique, qui ont trait à la philosophie, et
            nécessitent des connaissances en philosophie et littérature antique et médiévale
            importantes que Dante possédait. Néanmoins cette section nous permet d'entrer au plus
            près de l'auteur Dante et de la conscience qu'il avait de faire partie de la culture de
            son temps et surtout d'en être un acteur d'importance. Le chapitre “Bodies on fire”
            (494-509) met l'accent sur les théories concernant les rapports de l'âme et du corps à
            l'époque de Dante et montre comment ce dernier, tout au long de la
                <italic>Commedia</italic>, et pas seulement dans l'<italic>Enfer</italic> où on sait
            bien que les corps sont très présents dans les supplices, propose une théorie de la vie
            humaine entre déterminisme et liberté (508). </p>
        
        <p>La sixième section “A non-linear Dante”(513-582) est la plus brève et revient en quatre
            chapitres sur les difficultés qu'on a justement à classer Dante dans des cases
            disciplinaires. Comme le souligne le premier chapitre, la narration par exemple semble
            échapper, avec ses différents ordonnancements de lecture, à la linéarité du récit et
            pourtant il y a des trajectoires racontées! Le second chapitre insiste sur les
            palinodies et les traces (529-545) que l'on trouve dans la<italic>Commedia</italic> et
            propose une lecture de l'oeuvre comme une série de palimpsestes, parfois même
            anachroniques (p. 544 est évoqué le « pétrarquisme » de Dante!). Enfin les deux autres
            chapitres portent sur la poésie lyrique et sur l' “errance” poétique, c'est-à-dire
            essaient de montrer comment se construit une oeuvre poétique a posteriori par le regard
            même du poète sur son cheminement et sa volonté de redonner une direction, une unité,
            une cohérence parfois forcée, à ses productions éparses et notamment en s'appuyant sur
            la <italic>Vita</italic>
            <italic>Nova</italic>. On pourrait presque relever ici que le terme <italic>amorosa
                erranza</italic> est celui qu'on retrouve dans le <italic>giovenil errore</italic>
            de Pétrarque! La dernière section, enfin, “Nachleben” (583-718) est composée d'études
            sur les traductions, les relectures de Dante dans les arts de la scène, à l'écran, à
            l'époque moderne, mais aussi dans ses liens avec la Shoah ou la littérature caribéenne,
            sans oublier les lectures queer, décoloniale et féministe. Cette partie réussit la
            prouesse de toucher des disciplines et des axes de lecture très contemporains tout en
            restant de facture très classique, dans le registre de la “postérité,” de l'
            “influence,” ce qui en réalité permet de lire ces chapitres même sans connaître
            forcément très bien le domaine concerné. On découvre des influences et des relectures
            qui font vraiment sens et qui ont pu échapper à la critique jusqu'ici. Si les rapports
            entre Dante et la Shoah lus à travers Primo Levi, notamment, semblent finalement
            évidents, les liens avec la poétique caribéenne ne le sont pas de prime abord. Et
            pourtant le chapitre illustre parfaitement finalement l'universalité atteinte par
            l'oeuvre dantesque qui permet des relectures tout à fait pertinentes dans d'autres
            sphères littéraires. Dante queer et féministe fonctionne tout aussi bien et il faut
            remercier les collègues de nous ouvrir les portes vers d'autres disciplines qui
            dialoguent avec une oeuvre médiévale. </p>
        
        <p>En conclusion ce beau volume est un ouvrage nécessaire qui vient présenter une somme des
            connaissances sur Dante par les meilleurs spécialistes actuels: il sera plus qu'utile
            aux étudiants, permettra aux collègues de trouver en un seul endroit l'état de l'art des
            études dantesques et pourra même permettre aux amateurs éclairés de se diriger, guidés,
            sans se perdre, dans le monde de Dante.</p>
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